by Mabeanie1 on Sat Aug 22, 2009 6:18 pm
From Midi Libre: Édition du vendredi 21 août 2009
"Leonard Cohen, chapeau bas
Grande voix, grands musiciens : le Canadien de 75 ans a bouleversé les arènes de Nîmes qui l’ont acclamé jeudi soir. Il aura un petit mot pour chacun : Javier Mas, « virtuose » de la mandoline, du luth, de la guitare ; Dino Soldo aux saxophones ; le « légendaire » Neil Larsen à l’orgue Hammond ; Bob Metzger, le guitariste « irremplaçable » ; le « prince de la précision » Rafael Bernardo Gayo à la batterie ; Roscoe Beck, bassiste et directeur musical, « notre conscience » ; enfin les « sublimes » Webb Sisters aux chœurs aux côtés de l’« incomparable » Sharon Robinson, compositrice et plus fidèle collaboratrice.
Leonard Cohen est révérencieux. Il peut : son groupe est merveilleux et il lui tire, à tout bout de champ, son chapeau. Le public, jeudi soir, aux arènes de Nîmes, n’a pas de chapeau. Il fait bien trop chaud. Mais il aurait fait de même : chapeau bas, dans ce qui ressemblait à un concours d’amabilités entre scène et gradins, remplis par 6 000 spectateurs chez qui pointait la nostalgie.
Poussé aux fesses par quelques déboires financiers, Leonard Cohen, septuagénaire canadien, est remonté sur scène l’an passé. Tout le monde est ravi : ses créanciers, ses fans et l’artiste qui a pris goût aux concerts géants même si, depuis le sommet des arènes, on ne distingue de lui qu’une frêle silhouette qui, souvent, s’agenouille : sans doute puise-t-il dans le sol les ressources de sa voix plus basse que terre.
Le répertoire est invariable depuis qu’il a capté, en 2008, le double album Live in London : les mêmes titres dans le même ordre, à peu de choses près dont The Partisan, adaptation culte de la Complainte du partisan, qu’il réserve au public français. Tandis que le concert débute en plein jour, il s’élève à mesure que le soleil se couche. Les standards défilent alors en trois bonnes heures de temps, dont une petite demi-heure d’entracte. Suzanne, Hallelujah et So Long, Marianne, notamment, que ponctuent des standing ovations.
Avec son groupe serré comme dans un bouge, à l’opposé du show et de la pyrotechnie, Leonard Cohen cisèle des arrangements précieux qui, sur Bird on the Wire ou Who by Fire, suggèrent l’illusion de la chanson parfaite. C’est attendu, propre et calibré. Mais, baryton plus grave que naguère, esquissant des pas de danse à un mois de ses 75 ans, il dégage surtout une aura troublante jusqu’à la communion générale, chacun ayant dans ses souvenirs de jeunesse des motifs à s’émouvoir. Et comme au terme de chaque concert en France, Leonard Cohen quittera la scène sur ces mots : « Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai. »
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